Choisir, c’est renoncer …. Vraiment ????

Même s’il reste encore quelques jours avant la clôture du sondage dont le lien est rappelé en fin d’article, je n’ai pas résisté à la curiosité et j’ai pris connaissance d’une grande partie des réponses reçues. 

Comme je l’ai très souvent entendu lors d’accompagnements sur une décision, je retrouve dans de nombreuses réponses le célèbre « choisir, c’est renoncer », qui fait largement partie de nos croyances collectives. Cette phrase est souvent prononcée avec une forme d’agacement, de frustration ou de résignation. Et elle est souvent à l’origine d’une difficulté à décider, tant la peur de passer à côté d’autre chose est forte. 

Dès lors, comment aborder la décision comme une opportunité de création, qu’elle soit professionnelle ou personnelle ? Comment le « scandale » de ce renoncement peut-il être bien vécu, en particulier dans une société qui accepte de moins en moins la frustration, tant nous sommes nourris en temps réel de biens, de connaissances, de sensations ? Cette croyance agit donc comme un piège, qui nous rend impuissant face à l’immensité des choix, qui coupe notre énergie créatrice, celle-là même qui nous permettrait d’imaginer une option encore non proposée. « J’ai déjà tant de choix devant moi, à quoi bon mettre de l’énergie à en imaginer un de plus … »

Pour changer de croyance, encore faut-il le désirer très fort. Il faut que nous soyons exaspérés par l’impact de cette croyance sur notre vie. Le sommes-nous suffisamment ? Cette question nous oblige alors à explorer le bénéfice éventuel pour nous-même qui repose dans cette notion de renoncement : si nous abordons chaque décision à prendre en nous disant « choisir c’est renoncer », qu’est-ce que cela nous permet vraiment ? Il y a presque une forme de découragement, voire de « désistement » face à la difficulté qui pointe dans cette phrase. Cette croyance, rarement remise en cause par notre entourage, ne nous permet-elle pas au fond de dissimuler nos peurs, notre manque de courage face à l’opportunité qui nous est donnée d’exercer notre créativité et notre liberté de décideur ?

Le risque finalement est de construire pas à pas le chemin, que ce soit celui de l’entreprise ou le nôtre, en faisant les moins mauvais choix possibles, et en se plaçant dans une logique de limitation des risques et de répétition d’options connues. Comment être en paix durablement avec un tel choix ?

Et si nous décidions de croire autre chose, plus cohérent avec notre désir de liberté. Et si nous décidions de croire que « choisir, c’est préférer » ? Cette invitation à « aller vers quelque chose » qui a notre préférence nous positionne davantage comme sujet de notre choix, acteur d’un chemin qui fait sens pour nous ou pour le collectif dont nous sommes responsables. C’est une invitation à la vie, avec ses prises de risques et ses émotions probables. Plusieurs personnes ont témoigné de l’impact qu’a eu ce changement de croyance dans leur vie, professionnelle et personnelle : un regard nouveau sur les situations, des chemins plus innovants, et surtout des décisions plus sereines dans le temps, car prises en lien avec une préférence qui fait sens.

#Et pour soutenir votre envie de tenter l’expérience, cette phrase de Paul Watzlawick [1]:

« La volonté de renoncer à son indépendance, de troquer le témoignage de ses sens contre le sentiment, confortable mais déformant la réalité, d’être en harmonie avec un groupe, est l’aliment dont se nourrissent les démagogues. »

Et si vous préfériez croire que « choisir, c’est préférer » ?

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